Vous avez travaillé quelques mois, votre contrat se termine et vous n’avez jamais été indemnisé par l’assurance chômage ? Depuis le 1er avril 2026, une règle spécifique s’applique aux « primo-entrants » : il leur suffit de justifier de 5 mois de travail (au lieu de 6) pour percevoir l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE).
Qui est concerné, quelles conditions remplir, combien de temps serez-vous indemnisé et comment l’allocation est-elle calculée ? Voici l’essentiel à retenir.
Qu’est-ce qu’un primo-entrant à l’assurance chômage ?
Un demandeur d’emploi est considéré comme « primo-entrant » lorsqu’il ne justifie d’aucune admission à l’ARE dans les vingt années précédant son inscription comme demandeur d’emploi. Autrement dit, vous n’avez jamais été indemnisé par l’assurance chômage au cours des 20 dernières années.
Cette situation concerne en priorité les jeunes qui terminent leurs premiers contrats (CDD, intérim, saisonnier, alternance…) ou les personnes qui reprennent une activité salariée après une longue période sans avoir été indemnisées.
Deux exclusions sont à noter :
- les allocataires résidant à Mayotte ne sont pas concernés par la mesure ;
- les personnes ayant bénéficié d’une ouverture de droits au titre de l’allocation des travailleurs indépendants (ATI) ne sont pas non plus considérées comme primo-entrantes.
Combien de temps faut-il avoir travaillé pour être indemnisé ?
Pour ouvrir un droit au chômage, la règle de droit commun exige 6 mois de travail, soit 130 jours travaillés ou 910 heures travaillées.
Si vous êtes primo-entrant et que vous n’atteignez pas ce seuil, France Travail vérifie automatiquement si vous remplissez la condition dérogatoire : 5 mois de travail, soit 108 jours travaillés ou 758 heures travaillées.
| Droit commun | Primo-entrant (depuis le 1er avril 2026) | |
| Durée de travail exigée | 6 mois | 5 mois |
| Jours travaillés | 130 jours | 108 jours |
| Heures travaillées | 910 heures | 758 heures |
| Durée d’indemnisation minimale | 6 mois (182 jours) | 5 mois (152 jours) |
Cette durée d’affiliation est recherchée dans une période de référence de 24 mois précédant la fin du contrat de travail, ou de 36 mois pour les demandeurs d’emploi âgés de 55 ans et plus à la date de fin de contrat.
À partir de quand la règle s’applique-t-elle ?
La mesure concerne les fins de contrat de travail intervenues à compter du 1er avril 2026. En cas de licenciement, elle s’applique si la procédure a été engagée à partir du 1er avril 2026.
Si votre contrat s’est terminé avant cette date, ce sont les règles de droit commun qui s’appliquent à votre dossier.
Deux exemples concrets
Quelle durée d’indemnisation pour un primo-entrant ?
Pour les primo-entrants qui remplissent la condition dérogatoire de 5 mois, la durée d’indemnisation minimale est de 5 mois (152 jours), contre 6 mois (182 jours) pour les allocataires relevant du droit commun.
La durée de vos droits dépend donc de la période travaillée : plus vous avez cumulé de jours d’activité, plus elle peut être longue, dans les limites prévues par la réglementation.
Quelles autres conditions faut-il remplir ?
La condition d’affiliation assouplie ne suffit pas à elle seule. Comme tout demandeur d’emploi, le primo-entrant doit également remplir les conditions générales d’attribution de l’ARE :
- être inscrit comme demandeur d’emploi ;
- ne pas avoir atteint l’âge légal de départ à la retraite ;
- être involontairement privé d’emploi (fin de CDD, licenciement, rupture conventionnelle…) ;
- être physiquement apte à travailler ;
- être à la recherche effective et permanente d’un emploi ;
- résider sur un territoire couvert par l’assurance chômage.
Comment l’allocation est-elle calculée ?
Les modalités de calcul de l’ARE sont identiques, que vous bénéficiiez de la condition dérogatoire des primo-entrants ou des conditions de droit commun.
L’allocation est calculée à partir des salaires perçus, primes comprises, sur la période comprise entre le premier et le dernier jour de travail identifiés dans les 24 ou 36 mois précédant la fin du contrat. Pour comprendre cette base de calcul, consultez notre article sur le salaire journalier de référence (SJR) et notre guide pour calculer le montant de votre allocation chômage.
Le versement est mensualisé sur la base de 30 jours calendaires (30 allocations journalières), quel que soit le mois concerné.
Pour une première estimation, vous pouvez utiliser le simulateur de chômage de France Travail.
Qui est concerné en pratique ?
D’après les estimations de l’Unédic, la mesure devrait profiter à environ 16 000 allocataires supplémentaires par mois à pleine montée en charge, pour un coût estimé à 130 millions d’euros par an en régime de croisière. Toujours selon ces projections, elle concernerait principalement les jeunes de 16 à 24 ans (environ 64 % des bénéficiaires) et les salariés en contrats courts, notamment les intérimaires.
Ce qu’il faut retenir
FAQ – Questions fréquentes sur l’indemnisation des primo-entrants
Qu’est-ce qu’un primo-entrant à l’assurance chômage ?
C’est un salarié privé d’emploi qui n’a pas été admis à l’ARE au cours des 20 années précédant son inscription comme demandeur d’emploi. Il n’a donc jamais été indemnisé par l’assurance chômage sur cette période.
Combien de jours faut-il avoir travaillé pour être indemnisé en tant que primo-entrant ?
Il faut justifier de 108 jours travaillés ou de 758 heures travaillées, soit 5 mois de travail, au lieu des 130 jours ou 910 heures (6 mois) exigés par le droit commun.
Dans quelle période faut-il avoir travaillé ?
La durée de travail est recherchée dans les 24 mois précédant la fin du contrat de travail, ou dans les 36 mois pour les demandeurs d’emploi âgés de 55 ans et plus à la date de fin de contrat.
Si j’ai déjà été indemnisé il y a 10 ans, puis-je bénéficier de la règle des 5 mois ?
Non. La condition dérogatoire est réservée aux personnes n’ayant pas été indemnisées au cours des 20 dernières années. Si vous avez perçu l’ARE il y a 10 ans, la condition de 6 mois de travail s’applique.
Mon contrat s’est terminé en mars 2026 : suis-je concerné ?
Non, la mesure s’applique aux fins de contrat intervenues à compter du 1er avril 2026 (ou, en cas de licenciement, aux procédures engagées à partir de cette date).
L’allocation d’un primo-entrant est-elle calculée différemment ?
Non. Les modalités de calcul de l’ARE sont identiques à celles du droit commun. Seules la condition d’affiliation et la durée minimale d’indemnisation diffèrent.
Quelle est la durée minimale d’indemnisation d’un primo-entrant ?
Elle est de 5 mois (152 jours) pour un primo-entrant qui remplit la condition dérogatoire, contre 6 mois (182 jours) dans le droit commun.
Les habitants de Mayotte sont-ils concernés ?
Non, les allocataires résidant à Mayotte ne sont pas concernés par cette mesure, de même que les personnes ayant bénéficié d’une ouverture de droits au titre de l’allocation des travailleurs indépendants (ATI).