L’ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise) est un dispositif proposé par France Travail permettant aux demandeurs d’emploi de recevoir une partie de leurs droits au chômage sous forme de capital afin de financer un projet entrepreneurial. Cette aide peut être particulièrement intéressante pour les personnes qui souhaitent créer une micro-entreprise, reprendre un commerce, lancer une activité freelance ou développer une société.
Concrètement, l’ARCE permet de transformer une partie de ses allocations chômage restantes en apport financier immédiat. Ce capital peut servir à acheter du matériel, financer des frais de lancement, développer un site internet, constituer une trésorerie ou couvrir les premières dépenses liées à l’activité.
Mais attention : choisir l’ARCE implique de renoncer au maintien mensuel classique de l’ARE. Avant de prendre une décision, il est donc essentiel de comprendre les conditions d’accès, le montant versé, les modalités de paiement ainsi que les avantages et les limites du dispositif. Dans cet article, découvrez tout ce qu’il faut savoir sur l’ARCE en 2026.
Qu’est-ce que l’ARCE ?
L’ARCE signifie « Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise ». Il s’agit d’une aide versée par France Travail aux demandeurs d’emploi qui créent ou reprennent une entreprise alors qu’ils bénéficient encore de droits à l’allocation chômage.
Le principe est différent du maintien classique de l’ARE. Au lieu de recevoir une allocation chaque mois, le bénéficiaire perçoit une partie de ses droits restants sous forme de capital versé en deux fois.
Ce dispositif vise principalement à aider les créateurs d’entreprise à financer le démarrage de leur activité. L’ARCE est souvent utilisée par :
- les freelances ;
- les créateurs de micro-entreprise ;
- les commerçants ;
- les artisans ;
- les consultants indépendants ;
- les repreneurs d’entreprise.
L’ARCE constitue donc une alternative au maintien de l’ARE pendant la création d’activité.
Qui peut bénéficier de l’ARCE ?
Pour obtenir l’ARCE, plusieurs conditions doivent être respectées. Toutes les personnes inscrites à France Travail ne peuvent pas automatiquement en bénéficier.
Les principales conditions d’accès sont les suivantes :
- être bénéficiaire de l’ARE ;
- avoir des droits chômage ouverts au moment de la création ou de la reprise d’entreprise ;
- créer ou reprendre une entreprise après la fin du contrat de travail ;
- obtenir l’ACRE (Aide à la création ou à la reprise d’entreprise).
L’ACRE est indispensable pour obtenir l’ARCE. Cette aide permet notamment une exonération partielle de cotisations sociales pendant le lancement de l’activité. Sans validation de l’ACRE, l’ARCE ne peut pas être versée.
Dans la pratique, de nombreux demandeurs d’emploi choisissent l’ARCE lorsqu’ils disposent déjà d’un projet relativement avancé ou lorsqu’ils ont besoin de trésorerie rapidement.
Quel est le montant de l’ARCE ?
Le montant de l’ARCE correspond à une partie des droits ARE restant à percevoir au moment de la création ou de la reprise de l’entreprise.
Actuellement, l’ARCE représente 60 % des droits ARE restants. Les 40 % restants ne sont pas versés immédiatement, car ils servent notamment à couvrir certaines situations particulières ou à préserver une partie des droits dans certains cas de cessation d’activité.
Le calcul est effectué directement par France Travail sur la base des droits restant dus à la date de début d’activité.
Exemple :
- Vous disposez encore de 20 000 € de droits ARE restants.
- L’ARCE représentera 60 % de cette somme.
- Vous pourrez donc percevoir 12 000 € sous forme de capital.
Le versement s’effectue généralement en deux fois :
- un premier versement à la création de l’entreprise ;
- un second versement environ six mois plus tard si l’activité est toujours en cours.
Le montant exact dépend donc directement des droits chômage restants au moment de la demande.
ARCE ou maintien de l’ARE : quelle différence ?
Lorsque l’on crée une entreprise en étant au chômage, il existe généralement deux solutions :
- le maintien partiel de l’ARE ;
- l’ARCE.
Ces deux dispositifs répondent à des logiques très différentes.
Le maintien de l’ARE permet de continuer à percevoir une allocation mensuelle ajustée selon les revenus générés par l’activité indépendante. Cette solution offre davantage de sécurité financière sur plusieurs mois.
L’ARCE, au contraire, privilégie un apport immédiat de trésorerie. Elle peut être intéressante pour les entrepreneurs qui doivent investir rapidement ou qui disposent déjà d’une bonne visibilité commerciale.
Le maintien ARE est souvent conseillé :
- lorsque les revenus sont incertains ;
- lorsque l’activité démarre progressivement ;
- lorsque le créateur souhaite sécuriser ses revenus.
L’ARCE peut être plus adaptée :
- lorsqu’un investissement de départ est nécessaire ;
- lorsqu’une trésorerie immédiate est indispensable ;
- lorsque l’activité peut devenir rentable rapidement.
Avant de faire votre choix, il peut être utile de consulter également notre article sur freelance et chômage.
Comment demander l’ARCE ?
La demande d’ARCE doit être effectuée auprès de France Travail après la création ou la reprise de l’entreprise.
Les démarches se déroulent généralement en plusieurs étapes :
- créer ou reprendre une entreprise ;
- effectuer la demande d’ACRE ;
- obtenir l’accord de l’ACRE ;
- transmettre les justificatifs à France Travail ;
- demander officiellement le bénéfice de l’ARCE.
Les documents demandés peuvent varier selon les situations, mais comprennent généralement :
- un justificatif de création d’entreprise ;
- l’accord d’attribution de l’ACRE ;
- des pièces d’identité ;
- les informations liées à l’activité créée.
Les informations officielles concernant l’ARCE sont disponibles directement sur le site de France Travail.
Quels sont les avantages de l’ARCE ?
L’ARCE présente plusieurs avantages pour les créateurs d’entreprise qui ont besoin de financement au lancement.
Les principaux avantages sont :
- obtenir rapidement une trésorerie importante ;
- financer des investissements de départ ;
- éviter une dépendance mensuelle aux allocations ;
- développer plus rapidement son activité ;
- disposer d’une meilleure visibilité financière.
Dans certains projets, l’ARCE peut clairement accélérer le développement de l’activité. Un freelance peut par exemple utiliser ce capital pour acheter du matériel informatique, lancer une campagne publicitaire ou financer la création d’un site internet professionnel.
Quels sont les inconvénients et les risques de l’ARCE ?
Même si l’ARCE peut sembler attractive, elle comporte aussi plusieurs limites qu’il ne faut pas négliger.
Le principal risque est de ne plus bénéficier de l’allocation mensuelle classique de l’ARE. Une fois l’ARCE choisie, il n’est généralement plus possible de revenir au maintien mensuel classique des allocations dans les mêmes conditions.
Les principaux inconvénients de l’ARCE :
- absence de revenu mensuel garanti ;
- risque de mauvaise gestion du capital ;
- activité parfois plus longue à devenir rentable ;
- trésorerie pouvant être rapidement consommée.
Pour cette raison, beaucoup de créateurs d’entreprise préfèrent le maintien partiel de l’ARE lorsqu’ils démarrent une activité encore incertaine.
Que se passe-t-il si l’activité cesse ?
Si l’activité créée avec l’ARCE cesse, la situation dépend principalement des droits chômage restant disponibles.
Dans certains cas, il peut être possible de récupérer une partie des droits ARE non utilisés. Tout dépend notamment :
- du temps écoulé depuis la création de l’entreprise ;
- des droits restants ;
- de la situation exacte de l’activité.
Il est donc important de conserver tous les justificatifs liés à l’entreprise et de signaler rapidement toute cessation d’activité à France Travail.
Dans certains cas, les indépendants peuvent également se renseigner sur l’allocation des travailleurs indépendants (ATI).
Les erreurs à éviter avant de demander l’ARCE
Beaucoup de créateurs d’entreprise choisissent l’ARCE trop rapidement sans réellement anticiper leurs besoins financiers futurs. Pourtant, cette aide n’est pas toujours la meilleure option.
Les erreurs les plus fréquentes sont :
- ne pas comparer avec le maintien de l’ARE ;
- surestimer les revenus futurs de l’activité ;
- consommer trop rapidement le capital versé ;
- oublier certaines charges professionnelles ;
- ne pas anticiper les cotisations sociales et fiscales.
Avant de faire votre choix, il est souvent recommandé d’établir un prévisionnel financier réaliste afin d’évaluer les besoins de trésorerie sur plusieurs mois.
FAQ – Questions fréquentes sur l’ARCE
Peut-on cumuler ARCE et ARE ?
Non. En règle générale, il faut choisir entre l’ARCE et le maintien mensuel de l’ARE. Les deux dispositifs ne sont pas cumulables de manière classique.
L’ARCE est-elle imposable ?
Oui. Comme les allocations chômage, les sommes perçues au titre de l’ARCE sont soumises à l’impôt sur le revenu.
Faut-il obligatoirement obtenir l’ACRE pour toucher l’ARCE ?
Oui. L’obtention de l’ACRE fait partie des conditions indispensables pour bénéficier de l’ARCE.
L’ARCE est-elle versée en une seule fois ?
Non. Le versement est généralement effectué en deux fois : une première partie au lancement de l’activité puis une seconde quelques mois plus tard si l’activité est toujours en cours.
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